Parivrtta anjaneyasana est une posture de yoga adaptée aux débutants qui viennent en cours de vinyasa yoga ou de hatha. C’est une simple fente basse avec une torsion du buste.

JULIE CARRASCO : VOTRE PROFESSEUR DE YOGA

MA BIO, MA PHILO

Partir de là où on est sans savoir où on va

« C’est pas la fin qui compte, c’est l’chemin. »

– Laylow, Une histoire étrange

Le yoga m’a trouvée dans une période où je ne pratiquais plus aucun sport depuis des années. Pas souple pour un clou ni très endurante, j’ai donc commencé cette pratique « là où j’en étais ».

Loin des équilibres sur les mains et sur la tête.

Je ne touchais alors pas mes pieds avec mes mains en me penchant en avant… même si maintenant oui, hihi ! (#espritshônen)

L’arrière des jambes qui tire, la colonne vertébrale qui rechigne à s’incliner, l’avant des jambes en feu dans la posture de la « chaise » (qui n’est d’ailleurs pas plus sympa aujourd’hui qu’elle ne l’était hier), les articulations qui grincent… tout cela, je l’ai connu !

Et je le connais encore, dans une certaine mesure. Au fond, on est tous le/la débutant.e de quelqu’un.

Malgré les années de pratique, je constate donc encore que certaines parties de mon corps sont plus ou moins souples, fortes ou raides. Cela évolue au fil des jours en fonction de mes autres activités, de mon état physique et mental : et c’est bien normal.

La pratique du yoga n’a rien de linéaire. Pour personne.

Elle dépend de tout ce qui passe dans notre vie par ailleurs : le stress du travail, nos autres activités sportives et notre sédentarité, notre état de santé à la fois physique et mental.

C’est dans cet esprit que j’essaie donc de transmettre que l’on ne peut commencer une pratique de yoga que de là où on se trouve et pas de l’endroit où l’on aimerait être.

Comment peut-on espérer atteindre la ligne d’arrivée sans même se tenir sur la ligne de départ…?

La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que cela veut dire qu’il n’y a pas de pré-requis pour pratiquer le yoga.

Il suffit de se tenir sur sa propre ligne de départ.

Peu importe où elle se situe.

Julie Carrasco est professeure de yoga et enseigne le yoga ainsi que le pranayama à Marseille et en ligne.

Contrôler son souffle, apaiser son mental

Je sais d’où je suis partie. Et à chaque fois, je constate d’où je pars au début d’une séance. Chaque pratique est un renouveau, un recommencement et ne ressemble à aucune autre.

Qu’il s’agisse des postures – asana -, de la méditation – dhyana -, de la respiration – pranayama – ou de la relaxation – nidra -.

De tous ces aspects, la conscience et le contrôle du souffle – pranayama – est pour moi le plus essentiel. Sans aucun doute que mon tempérament naturellement anxieux y est pour quelque chose.

La respiration a ce pouvoir incroyable d’agir sur le système nerveux, sur le mental, de réguler nos émotions et notre fréquence cardiaque.

Son petit + qui a achevé de me convaincre ? Contrairement aux postures de yoga, la respiration est accessible à tout moment de la journée.

Elle ne nécessite en effet aucun matériel ni espace particulier : preuve en est, nous respirons 24h/24 sans interruption ! Que nous soyons assis.e dans le bus ou le métro, en train de faire du sport, au travail ou dans une salle d’attente… bien que discrète, elle est toujours présente.

Elle est donc un puissant outil, facile et rapide à mettre en place pour revenir au calme lorsque le besoin s’en fait sentir.

C’est du pain béni lorsque, comme c’est mon cas, le mental a tendance à nous jouer des tours en entretenant peurs, angoisses et déceptions…!

Dans ces moments-là, de par sa simple présence, la respiration est directement accessible à chacun.e de nous pour revenir à l’équilibre. Chacun.e à notre niveau.

Peu importe notre condition physique ou notre âge.

Pratiquer nadi shodhana, c’est respirer alternativement par la narine gauche et la narine droite. Quand on est professeur de yoga, c’est un pranayama équilibrant et facile à enseigner en cours aux élèves qui débutent.

Méditer : ne rien attendre, ne rien saisir, vivre l’instant

« Chacun ne vit que le moment présent et ne perd que l’instant. »

– Marc Aurèle, Pensées pour moi-même

Avant même le yoga (au sens de yoga postural et exercices de respiration), la méditation Zen m’a trouvée il y a plus de 10 ans.

Si la méditation de pleine conscience a été une porte d’entrée à la pratique méditative, notamment guidée par Christophe André (que j’affectionne), la méditation Zen s’est rapidement frayée un chemin dans mon quotidien.

Loin de moi l’idée de vous vendre un récit où j’aurais pratiqué sans faille, tous les jours pendant 10 ans. C’est bon pour les influenceurs réseaux mais c’est souvent très loin de la réalité ! Y compris de la mienne.

Au même titre que le yoga, mon histoire avec le Zen a été une histoire d’allers-retours incessants entre pratique, éloignement, rapprochement, discipline et relâchement.

Même si la discipline a fini par avoir le dernier mot.

Je dis toujours à mes élèves que la régularité est importante mais qu’il ne faut pas pour autant se culpabiliser de ne pas s’y être tenu.e. Se flageller pour une séance que l’on n’a pas pu faire… c’est le meilleur moyen de ne plus y revenir !

Accepter notre manque de discipline passé avec bienveillance, être résilient.e et revenir à la pratique avec un oeil neuf, dénué de culpabilité ou d’attente : c’est là la clef pour qu’une activité devienne durable. (Et cela fonctionne pour tout, pas seulement pour la méditation ;))

Ce qui me plaît en particulier dans le Zen, c’est que l’on revient à l’essentiel.

La méditation Zen a en effet pour particularité de ne reposer… sur rien. Pas de visualisation, pas de support de méditation (ni figure divine, ni voix qui guide), pas d’intention.

C’est une méditation épurée, dépouillée de tout le superflu, qui repose, oui, sur quelque chose en fin de compte : l’expérience de l’instant présent. Avec ce qu’il suppose comme sons, sensations physiques et mentales, pensées et respiration.

Il ne peut donc pas y avoir de méditation « ratée » ou « mieux réussie » qu’une autre puisque le simple fait de s’asseoir et de vivre l’instant – dans tout ce qu’il implique – constitue l’exercice.

Que l’on ait beaucoup de pensées, peu de pensées, pas de pensées, mal aux jambes ou pas mal aux jambes…

Tout ce qui compte, c’est de s’asseoir, de faire l’effort de s’asseoir et de rester pour le temps de l’exercice. Simplement s’asseoir : shikantaza.

Peu importe le tourbillon de pensées dans notre tête.

La méditation Zen est issue du bouddhsime Zen japonais. Elle est différente de certaines méditations yogiques bien qu’elle se pratique dans une posture assise similaire comme le lotus, le demi-lotus ou le tailleur.

Books, books, books

Éditrice dans une autre vie, j’ai aussi un goût prononcé pour les livres. Il n’est donc pas rare que vous voyiez passer régulièrement mes lectures récentes sur les réseaux.

En plus de pratiquer auprès de mes professeur.e.s, je continue à me former et à étudier les textes à la base du yoga (Upanishad, Yoga Sutra, Shiva Samhita, Hatha Yoga Pradipika…).

Mais aussi les ouvrages plus récents sur la discipline, le souffle et son fonctionnement, l’anatomie appliquée…

Et les enseignements de penseurs indiens comme Sri Ramana Maharshi, Sri Aurobindo et de maîtres Zen japonais pour la plupart issus de l’école Sôtô : Taisen Deshimaru, Kôdô Sawaki, maître Dogen, Shunryu Suzuki, Pierre Turlur…

Oh, et puis je lis de la BD et beaucoup de mangas aussi. Mais cela… c’est une autre histoire ! 😉

Quand on enseigne le yoga, les livres sont un excellent moyen pour continuer à se former. Des ouvrages comme « Yoga : la voie de la santé holistique » de B.K.S. Iyengar ou « Pranayama : les secrets du souffle » de Alex Blake sont parfaits pour séquencer un cours de yoga vinyasa ou de respiration.